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Headline: Healing our health systemLettre de la région
Guérir notre système de santé
Photo of Réal CloutierRÉal Cloutier, Président-directeur général intérimaire Sept. / Oct. 2017
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Peu importe où je vais ces jours-ci, tout ce que tout le monde veut, c'est parler des soins de santé.

C'est compréhensible. Après tout, le système de soins de santé subit actuellement des changements majeurs, et il va de soi que les gens veulent savoir comment les soins aux patients seront affectés.

Dans cet esprit, j'aimerais profiter de cette chronique - ma première depuis la nouvelle édition numérique du magazine Le Courant - pour discuter de certains des changements en cours et expliquer pourquoi je pense qu'ils sont nécessaires.

Le plan directeur de l'Office régional de la santé de Winnipeg pour le changement s'intitule Guérir notre système de santé. D'abord dévoilé en avril dernier, ce plan ouvre la voie à un remaniement majeur de nos services de soins actifs et subaigus en milieu hospitalier afin de mieux servir notre population de patients.

Pour réaliser ce remaniement, nous apportons d'importants changements à notre façon d'organiser et d'offrir des soins aux patients. Le plus important de ces changements concerne la réorganisation des services d'urgence et des soins urgents. Actuellement, des services d'urgence sont offerts dans les six hôpitaux de la ville : Concordia, Victoria, Seven Oaks, Saint-Boniface, Grace et le Centre des sciences de la santé (CSS) de Winnipeg. Au cours de la prochaine année, ces services seront regroupés dans trois établissements : l'Hôpital Grace, l'Hôpital Saint-Boniface et le CSS de Winnipeg. La prestation de services de soins urgents change également. En ce moment, nous avons un centre de soins urgents au Centre de santé Misericordia. Dans le cadre de notre plan, ce centre sera remplacé par deux nouveaux centres de soins urgents - l'un à l'Hôpital Victoria, l'autre à l'Hôpital général Seven Oaks. La première phase de ce plan de consolidation démarre le 3 octobre, avec l'ouverture simultanée du centre de soins urgents à l'Hôpital Victoria et la suppression progressive des services de soins urgents au Centre de santé Misericordia. Les autres éléments du plan, que vous pouvez lire ici, seront mis en œuvre au printemps et à l'été 2018.

Certains ont accroché davantage sur ces changements, suggérant qu'ils entraîneront des coupures dans les services d'urgence, ou qu'ils visent simplement à faire des économies. Or, ce n'est pas le cas. En fait, nous nous attendons à ce que cet exercice ait pour résultat final une réduction des temps d'attente dans les services d'urgence et de meilleurs soins pour les patients non urgents dans l'ensemble du système de santé. C'est l'expérience d'autres administrations qui ont regroupé leurs services.

Pour comprendre pourquoi, il est utile d'avoir un peu d'information sur la façon dont notre système de soins de santé a évolué au fil des ans. Aussi loin que l'on se souvienne, nous avons essayé de maintenir des services de santé d'urgence dans les six hôpitaux de la ville. Il en résulte que notre programme d'urgence et les autres services de soins aigus qui appuient de bons soins d'urgence sont devenus trop clairsemés. Cela a entraîné des inefficacités et des temps d'attente dans les services d'urgence plus longs qu'ils devraient l'être dans l'ensemble du système.

Permettez-moi de vous donner un exemple. Actuellement, les hôpitaux Seven Oaks, Concordia et Victoria ne fournissent pas un accès en tout temps à certains types de tests diagnostiques, comme la tomodensitométrie et les ultrasons (échographie). Cela signifie que quand un urgentiste à l'un de ces établissements pense qu'un patient doit passer l'un de ces tests, cette personne doit soit attendre (parfois jusqu'à 12 heures), soit être transférée à un autre hôpital.

On pourrait penser que la solution est d'embaucher plus de personnel à l'imagerie diagnostique, mais le problème est que les hôpitaux mentionnés n'ont pas le nombre de patients minimal pour justifier un poste ouvert 24 heures sur 24; cela finirait donc par créer plus d'inefficacités. De toute évidence, la meilleure solution est de centraliser le personnel dans moins d'hôpitaux et de s'assurer que les services d'imagerie diagnostique de ces établissements fonctionnent à plein régime; ce que nous faisons.

Je ne suis pas le seul à penser qu'on peut améliorer les soins d'urgence en regroupant les services. C'est aussi la conclusion du Dr David Peachey, consultant embauché par le gouvernement provincial précédent afin de trouver des moyens d'améliorer la prestation des soins de santé.

Comme le note le Dr Peachey dans son rapport de 233 pages, que vous pouvez lire ici, les hôpitaux de la Région fonctionnent actuellement en tant qu'établissements de soins actifs.

« Cela signifie qu'ils ont tous un service d'urgence et une unité de soins intensifs, et
qu'ils s'efforcent tous de fournir le même niveau de soins actifs sur les étages
desoins médicaux », indique le rapport. « De cette façon, le système est
devenu progressivement un modèle coûteux et non viable, qui ne peut faire face
à tous les cas pouvant survenir et pourrait entraîner des conséquences néfastes. »

Le rapport du Dr Peachey note également que bien des patients des lits pour soins actifs de ces établissements sont en convalescence ou en attente d'un placement en milieu non hospitalier. En d'autres mots, ils n'ont pas besoin du niveau de soins auquel on peut s'attendre dans un établissement de soins actifs. De fait, le rapport estime que les patients ayant besoin de soins actifs pourraient être regroupés dans trois hôpitaux, ce que nous prévoyons de faire avec l'Hôpital Grace, l'Hôpital Saint-Boniface et le CSS de Winnipeg.

Graphic of a stethoscope

L'avantage supplémentaire découlant de la consolidation des services d'urgence, bien sûr, est qu'elle libèrera également des lits de soins actifs dans les hôpitaux Concordia, Victoria et Seven Oaks pour les patients en convalescence et ceux qui ont besoin de services spécialisés, comme des soins subaigus ou de santé mentale. Entretemps, nous avons récemment annoncé l'ouverture de 65 nouveaux lits de soins de transition pendant que nous convertissons les locaux de ces hôpitaux. De plus, notre plan prévoit également le regroupement des lits en santé mentale pour les patients hospitalisés à Victoria, ce qui améliorera l'accès aux services et fera passer le nombre de lits de 52 à 72. Cliquez ici pour en
apprendre davantage sur les divers rôles que prévoit notre plan pour nos établissements de santé.

Bien sûr, notre plan Guérir notre système de santé ne se limite pas au regroupement  des services et au changement de vocation de départements. Pour atteindre notre objectif global d'amélioration des soins de santé aux patients et de réduction des temps d'attente, nous agirons également à d'autres niveaux.

Par exemple, nous lançons actuellement une nouvelle initiative appelée Priority Home qui facilitera la vie des personnes âgées à la fin d'une hospitalisation pour qu'elles puissent retourner chez elles au lieu d'être placées dans un foyer de soins personnels, une mesure qui permettra aux gens de rester plus longtemps chez eux et de réfléchir à d'autres options de logement supervisé, au besoin. En d'autres termes, les soins appropriés, au bon moment et au bon endroit.

Nous nous efforcerons également d'avoir des capacités suffisantes dans nos trois hôpitaux de soins actifs. La construction du nouveau service d'urgence de l'Hôpital Grace est déjà en cours, et nous prévoyons d'accroître la capacité physique des services d'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface et du CSS de Winnipeg. Dans l'ensemble, la Région investira environ 20 millions de dollars au cours des 27 prochains mois pour fournir les immobilisations nécessaires pour appuyer tous les changements envisagés dans notre plan.

De plus, nous continuerons à chercher des façons de mobiliser les autres forces du réseau de la santé - médecins de famille, Mon équipe santé, réseau de services médicaux intégrés et santé publique - pour leur permettre de contribuer à améliorer les soins et à réduire la nécessité pour les patients de consulter les services d'urgence dès le départ. Nous travaillerons aussi à informer la population sur quand et comment utiliser les diverses options offertes en soins de santé primaires, y compris les centres de soins urgents, les centres d'accès communautaires et les cliniques situées un peu partout dans la ville.

Rien de tout cela ne laisse supposer que la mise en œuvre de ces changements sera facile. Il y aura des défis à relever. Je crois toutefois que, au bout du compte, ces changements nous aideront à créer un système de soins de santé beaucoup plus solide, capable d'offrir des soins efficaces à ceux qui en ont le plus besoin, non seulement aujourd'hui, mais aussi dans les années à venir. En outre, c'est quelque chose dont je suis heureux de parler.