Les soins voulus banner ad
Le Courant
Stipulation d'exonération Archives English wrha.mb.ca/fr
Photo of a technician looking at an x-rayArticle vedette
Pleins feux sur
la recherche

L'équipe de la Pan Am jette un nouvel
éclairage sur le diagnostic et le
traitement des commotions cérébrales
Partagez
Share this on Twitter Share this on Facebook Share this via Email

Janv./Fév. 2018

Dans les cinq dernières années, le programme de gestion des commotions cérébrales de la Clinique Pan Am est devenu l'un des principaux fournisseurs de soins pour les patients victimes de traumatismes cérébraux.

Mais la clinique s'est aussi forgé une solide réputation à un autre niveau : la recherche.

Depuis sa formation en 2013, l'équipe multidisciplinaire du programme, dirigée par un neurochirurgien, le Dr Michael Ellis, a publié plus d'une trentaine d'articles de recherche.

Certains articles portent sur des enjeux précis liés au diagnostic et au traitement des commotions cérébrales, et d'autres présentent une perspective plus large touchant des questions de politiques publiques.

Par exemple, un article publié en 2016 sous le titre « Multidisciplinary Management of Pediatric Sports- Related Concussion » (gestion multidisciplinaire des commotions liées au sport chez l'enfant) soutient que pour gérer ces commotions, il faut une équipe de professionnels de la santé formés dans des sous-disciplines associées aux traumatismes cérébraux.

Comme l'explique l'article, les commotions cérébrales touchent différents patients de la pédiatrie et ce, de diverses façons, pouvant coexister avec des troubles neurologiques qui compliquent le diagnostic et le traitement. Idéalement, ces patients devraient donc être évalués et traités par une équipe multidisciplinaire de fournisseurs de soins semblable à celle du programme des commotions cérébrales de la Clinique Pan Am. Cette équipe compte un neurochirurgien, des neurologues, une neuropsychologue, des physiothérapeutes spécialisés, des physiologues de l'exercice, des psychiatres et des pédiatres.

Pourtant, l'article semble dire qu'il est difficile de trouver des équipes de ce genre ailleurs qu'au Manitoba.

« Notre propre recherche sur les cliniques de traitement des commotions cérébrales au Canada laisse penser qu'il existe un besoin urgent de programmes de soins de santé multidisciplinaires avec des professionnels ayant suivi une formation réglementée aux niveaux provincial et national en traumatismes cérébraux » précise l'article.

L'équipe a mené une recherche en ligne permettant d'identifier 10 des 15 principaux fournisseurs de soins dans les cas de commotion cérébrale au pays. Elle a constaté que seulement 40 pour cent des cliniques ont accès à un médecin sur place faisant partie de l'équipe soignante.

Selon l'article, il est frappant de voir des proportions si faibles de cliniques de soins qui affirment bénéficier des services d'un neurochirurgien (cinq pour cent) et d'un neurologue (sept pour cent) comparativement à celles qui offrent les services d'un massothérapeute (33 pour cent), d'un thérapeute du sport (26 pour cent), d'un chiropraticien (22 pour cent) ou d'un ostéopathe (neuf pour cent).

« Globalement, ces résultats semblent indiquer qu'une forte proportion de soins spécialisés pour les commotions cérébrales au Canada serait assurée par des professionnels de la santé n'ayant qu'une formation limitée (ou nulle) en traumatismes cérébraux et que bien des fournisseurs de soins n'ont pas accès à du personnel ayant suivi une formation spécialisée. »

D'après l'auteur, les autres provinces devraient s'inspirer du Manitoba et créer des cliniques pédiatriques multidisciplinaires financées par leur gouvernement provincial, comme le programme de gestion des commotions cérébrales à la Clinique Pan Am.

« Compte tenu de notre jeune expérience en ce domaine, il est possible d'optimiser les soins au Canada pour les patients pédiatriques victimes de commotion cérébrale en établissant des programmes régionaux de gestion des commotions avec un financement provincial donnant accès à des ressources diagnostiques appropriées et aux services d'experts ayant suivi une formation reconnue à l'échelle nationale et provinciale en traitement des lésions cérébrales traumatiques », poursuit l'article.

Un deuxième article coécrit par le Dr Ellis et des collègues de l'Université de Buffalo et intitulé « Multidisciplinary Management of Athletes with Post-Concussive Syndrome: An Evolving Pathophysiological Approach », en vient à la même conclusion et préconise une approche pathophysiologique pour les athlètes avec un syndrome post-commotion.

« Les athlètes qui présentent des symptômes persistants liés à des traumatismes cérébraux et un syndrome post-commotion cérébrale forment un groupe de patients particuliers dont les soins doivent être planifiés sur mesure et devraient être fournis par une équipe multidisciplinaire de spécialistes ayant une formation et une expérience cliniques en traitement des traumatismes cérébraux. »

En gros, le programme Pan Am des commotions cérébrales et le Canada North Concussion Network (réseau canadien sur les commotions cérébrales dans le Nord) s'intéressent à la recherche sur les lésions traumatiques cérébrales qui non seulement approfondit la compréhension de ces traumatismes chez les professionnels de la santé, mais traduit aussi ce savoir en de meilleurs soins pour les patients.

Voici un bref résumé de leurs découvertes les plus intéressantes :

  • Certains patients de la pédiatrie ayant subi une commotion cérébrale développent des troubles du système vestibulaire et souffrent de lésions à la moelle épinière. Lorsque ces problèmes apparaissent, la convalescence est plus longue.
  • Bien que certains jeunes patients victimes d'une commotion cérébrale éprouvent des difficultés à l'école juste après leur blessure, des recherches au niveau institutionnel et communautaire ont montré qu'en général, il n'y a pas de baisse significative de leurs notes à l'école.
  • Les épreuves graduées sur tapis roulant sont sécuritaires pour les enfants victimes de commotion cérébrale et de formes plus sévères de traumatisme crânien, et elles aident à cerner les besoins de ces patients en vue de la réadaptation.
  • Certains patients ayant subi une commotion cérébrale développent des troubles de l'humeur qui nécessitent une approche multidisciplinaire pour aider à gérer ces problèmes.
  • La commotion cérébrale chez les enfants peut entraîner des changements dans la circulation sanguine au cerveau, ce qui peut contribuer à différents symptômes et à une intolérance à l'exercice dans certains cas.